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Nous ne pouvons plus dire que nous ne savons pas

Joël Jean-Baptiste, secrétaire général de Mososah, le 12 janvier 2018

En janvier dernier, à la même époque, le constat de l'inaction de l'état haïtien en terme de politique du logement était déjà accablant. Aujourd'hui on ne se soucie même plus de donner l'apparence de s'y intéresser un tant soit peu. En octobre 2016, le cyclone Matthew a dévasté la presqu'île du sud d'Haïti, et jusqu'à présent, la Nation, en termes de logement et face aux dégâts causés, n'a donné aucune réponse significative. Et nous doutons fort, comme pour le séisme de 2010, qu'il y en aura.

Après 1986, 1991, 1994, 2000, 2004, en 2010 encore une fois, nous avons raté un important rendez-vous avec l'histoire et le développement durable. Nous n'avons pas su mettre à profit la période émotionnelle qui a suivi le séisme pour véritablement changer nos réalités. Le plan national de logement que nous appelons toujours de nos vœux, ne peut être que plus difficile à mettre en œuvre. Les nouvelles constructions ou les reconstructions de logements détruits par le séisme ou d'autres catastrophes naturelles, en nombre insignifiant face aux besoins et à la demande, sont quasiment uniquement le fait des familles.

Des normes qui perdent du terrain

A l'Observatoire, lors de différents déplacements sur le terrain, nous avons pu constater un fléchissement certain dans l'application des normes parasismiques. On revient de plus en plus aux conceptions d'avant le séisme. L'essentiel étant de se trouver, à moindre coût, un abri pour protéger ses maigres affaires et se mettre à l'abri de la pluie.

Pire, l'Etat haïtien faiblit dans son rôle régalien de régulateur et de contrôleur de ce secteur, comme dans tant d'autres, me direz-vous. Nos ports et nos frontières sont livrés à la contrebande. L'Etat n'a jamais cherché à créer, ne serait-ce qu’une dynamique locale. Nous importons par exemple pour des centaines de millions de dollars de ciment, pas toujours de qualité, alors que la compagnie CINA, le plus grand fournisseur du marché est propriété de l'état à hauteur de 32 %. Jusqu'en 1993, Haïti produisait son ciment. La production s'est arrêtée à cause du sabotage du four produisant le clinker. Afin de contrôler la qualité et de diminuer les coûts, l'Etat aurait pu attirer des investisseurs dans le secteur. Au lieu de cela, il se contente de ramasser les taxes sur l'importation.

Il en va de même du fer utilisé dans la construction. La grande compagnie locale Acierie d'Haïti, de fabricant est devenu importateur.  Les ferrailleurs se plaignent depuis quelques années que le matériau importé principalement de la République Dominicaine n'est pas de bonne qualité, n'a pas "l'élasticité" requise. Aucun contrôle n'est fait. Aucune norme n’est élaborée. Les électriciens, les plombiers, se plaignent également de la qualité des accessoires de bâtiment trouvés sur le marché.

Des administrations aux abonnés absents

Au lendemain du tremblement de terre, le Ministère des Travaux Publics avait été pressenti pour le contrôle et la délivrance des autorisations de construction. Le dit Ministère est aujourd'hui aux abonnés absents. Les mairies et autres administrations œuvrant dans le secteur, tels l'OFATMA (Office de l’assurance accidents, travail, maladie et maternité), se contentent - eux aussi - du prélèvement des taxes dans une opacité totale.

Dans les années 1990-2000, timidement, quelques esprits éclairés s’étaient attelés avec civisme à alerter la population sur les risques de tremblement de terre. Mais nous avions perdu la mémoire de pareille catastrophe. On les écoutait d'une oreille distraite. Alors que de nombreuses vies auraient pu être sauvées. Cette fois-ci, avec le progrès en connaissances, en technologies disponibles et en information, nous n'avons plus ce droit. Nous vivons toujours sur des failles sismiques et la terre continue à trembler régulièrement. Et pourtant aucune campagne de sensibilisation n'est organisée même dans les écoles. Si l'Etat de notre pays, véritable clone de la communauté internationale, se montre insensible aux dangers qui nous menacent et à nos conditions de vie, il nous revient à nous citoyens, de prendre nos responsabilités. Mososah, dans son idéal d'humanisme, de fraternité et de solidarité en appelle à tous et à chacun d'entre vous.

 

 

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